«

»

Jan
08

« Les héros de St Pierre ». Un article allemand

Un article allemand, paru ce vendredi 8 janvier, dans le Waiblinger-Kreiszeitung aborde le fait que le partenariat germano-français ne va pas de soi. Bien sur, les fondateurs de ce rapprochement vivaient cela comme un « Plus jamais çà » mais cela succédait à une époque où le français et l’allemand étaient des ennemis mortels. Il convient donc d’œuvrer pour maintenir l’amitié avec Saint Pierre d’Albigny, au delà des plaques dans le cimetière.

Hajo Schechinger a donc consacré son article, en liaison avec l’association « Autrefois Saint-Pierre » au récit de l’assassinat des résistants des Frasses.

"Les héros de Saint-Pierre" (Waiblinger-Kreiszeitung - 8/1/2016)

« Les héros de Saint-Pierre »
(Waiblinger-Kreiszeitung – 8/1/2016)

Nous œuvrons dans notre association, pour que rien ne soit oublié, que le souvenir demeure toujours vivace mais également pour construire autre chose avec les français et les allemands d’aujourd’hui. Nous avons, ensemble, un monde meilleur à construire, une Europe de paix et d’entente.

Traduction intégrale de l’article par Barbara LAGRANGE. (membre du Comité de Jumelage):

Les Héros de St-Pierre

« Partenariat amical franco-allemand » veut aussi dire « garder en mémoire l’action de résistance envers les Nazis » . Hommage en est fait aujourd’hui.

Hans Joachim SCHECHINGER rédacteur dans le Journal Waiblingen & Umgebung.

Un partenariat franco-allemand n’est pas forcément évident. Dans l’esprit des fondateurs et bâtisseurs de cette nouvelle amitié après 1945, il prenait plutôt le sens de « Plus jamais ça ! ». Nos amis de St Pierre d’Albigny ne font pas seulement vivre la mémoire de cette période durant laquelle les Allemands et les Français étaient des ennemis mortels à l’aide de plaques commémoratives au cimetière communal. L’association « Autrefois St Pierre d’Albigny » rend aujourd’hui hommage à ces résistants, assassinés pour avoir voulu défendre leur patrie.

Les habitants de St-Pierre célébraient, en 2014, le 70e anniversaire de leur libération lors d’une commémoration au cimetière communal en hommage à leurs martyrs de la Résistance. Une plaque portant l’inscription « Ils ont donné leurs vies pour que la France puisse vivre » y fut déposée. Dans les archives retrouvées on parlait d’assassinats de Résistants par la SS (?), du drame des Frasses et de la Libération de St-Pierre en août 1944 . Le 8 mai devient pour les français jour de mémoire nationale de la capitulation inconditionnelle de l’armée allemande. L’association « Autrefois St Pierre d’Albigny » , sous la direction de son président Yves Pajean, reprend aujourd’hui, encore une fois, le thème de « la Résistance savoyarde » en se rappelant de ces jeunes assassinés, venant d’ailleurs, pour renforcer les groupes de résistants dans les montagnes savoyardes.

CAS EXEMPLAIRES DE LA RESISTANCE

Ces héros de la Résistance s’appelaient Auguste Domenget, Louis BlancPinget, Jean-Louis Bouvet.

Yves Pajean est un passionné de l’histoire locale, et il nous confirme que ces héros de la Résistance ne sont pas oubliés contrairement à ce que quelques habitants de St-Pierre pouvaient le croire, suite à la commémoration en 2014 au cimetière communal. Les intervenants n’étaient probablement pas assez explicites en ces circonstances, ont pu involontairement heurter quelques sensibilités. On se devait de revenir sur cette période noire de l’histoire en hommage à leurs héros, et de lever le moindre doute dans les esprits.

Dès 1942 la Résistance s’organisait à St Pierre d’Albigny. A cette époque Auguste Domenget avait à peine 18 ans, et était un des premiers à rejoindre le mouvement de la Résistance suivis de ses 2 camarades. Tous les trois faisaient partie de l’unité des Francs-Tireurs et Partisans Français. Cette unité a vu le jour en 1942 dans toute la France occupée. Auguste Domenget devient l’exemple à suivre pour ses camarades. Jour et nuit, à pied ou sur son vélo, il se déplaçait pour se rendre aux différents rendez-vous de la conspiration, transmettait ou recevait des ordres. C’était l’homme de liaison entre les différents groupes. Mais il participait également aux actions sur le terrain, aidait à saboter les lignes électriques et les réseaux ferroviaires. Traqué par la police sous le régime de Vichy qui collaborait avec les Nazis, l’obligeait de se cacher chez ses parents à Coise. Des perquisitions avaient eu lieu dans son logement, et il lui était devenu impossible d’y retourner. Très vite la Gestapo prenait la relève de la police française, et le jeune homme était obligé de prendre le maquis. Il se cachait dans le Beaufortin, et devait vivre la dure vie d’un terroriste en cavale. (En ce temps, les combattants de la Résistance furent comparés à des terroristes dans tous les journaux.). Vient le jour où le groupe recevait l’ordre d’attaquer à un hôtel dans le Beaufortin. Un groupe de 15 allemands y avait établi leur quartier. L’attaque fut lancée en pleine nuit. Sept « Boches » (comme les français appelaient haineusement les occupants allemands) furent tués. Mais le groupe de Domenget paya aussi un lourd tribu, compta ses morts et ses blessés. Lui-même fut lourdement touché. Avec une balle dans chaque épaule et une 3e qui lui avait déchiqueté la mâchoire, il réussit à se réfugier dans un chalet en montage où une infirmière prenait soin de lui. La tranquillité n’était que de courte durée. Les Boches rappliquèrent avec du renfort et une chasse à l’homme impitoyable à travers les différentes localités jusqu’en Haute-Montagne commença. Plusieurs de ses camarades furent arrêtés, transportés de suite à Albertville et fusillés le lendemain au pont Albertin. (Depuis des longues années, Albertville est maintenant jumelée avec la ville allemande de Winnenden). Un commando allemand s’avança jusqu’au chalet qui lui servait de refuge. Voyant l’avancée des Allemands, Domenget se traina, lourdement blessé, jusqu’au champ de seigle à proximité du chalet, mais fut malheureusement découvert par ses assaillants, et exécuté sur place. Deux mois plus tard, il fut inhumé au cimetière de la commune de St Pierre d’Albigny où il repose à côté de ses camarades d’infortune.

Au cimetière de St Pierre on se souvient également d’un jeune allemand : Alfred Stein. Né en 1921 à Karsau en Allemagne, il vivait avec ses parents en Alsace avant de se marier avec la jeune française Marguerite Gaudin (un nom de famille très courant dans le département). Le jeune couple s’installait à Theys près de Grenoble où, lui, exerçait le métier de postier. Le livre « Résistance Savoyarde au service de la France » retrace son histoire. Le jeune homme allemand, marié à une française, avait rejoint la Résistance et se battait contre l’occupation des Nazis. En août 1944, près de La Plantaz, il livrait bataille avec deux autres unités partisanes à une compagnie allemande. Cette bataille lui fut fatale. « Mort en plein combat » est gravé sur une plaque déposée en son honneur dans le cimetière à St Pierre d’Albigny.

1 commentaire

No ping yet

  1. Roger a dit :

    Merci à Barbara pour ce travail de traduction pleinement réussi.

Commentaires désactivés

Un site du réseau d´association gestasso.com : logiciel de gestion et de comptabilité d´association
;

Featuring WPMU Bloglist Widget by YD WordPress Developer